Histoire de l'Hôpital
 

C’est à travers notre réflexion sur le passé que nous pouvons fonder de façon plus précise notre culture d’entreprise, si nécessaire pour l’évolution de notre établissement. En effet, le Centre Hospitalier n’est pas qu’une machine technique, il a une âme, une culture et c’est à travers l’histoire qu’il convient de développer et d’enrichir celle-ci.


De nos jours, l’histoire revêt une image, un peu poussiéreuse, voire anachronique. Mais en y regardant de plus près, l’histoire de notre établissement peut donner à beaucoup d’entre nous une capacité supplémentaire de discernement sur les situations que nous avons à vivre et à gérer.


L’histoire est un grand présent et pas seulement un passé, car elle nous aide à mieux comprendre la nécessité d’innover.
Se pencher sur l’histoire de l’Établissement, c’est comprendre la réalité de l’institution présente, son organisation, ‘’ses cultures’’, ses métiers. En somme, pourquoi les choses sont devenues ce qu’elles sont.


Dans l'histoire de l'hospitalisation à Châlons-en-Champagne, on distingue quatre époques :
-  Des origines à l'An 1000,
-  Du XIème siècle à l'année 1606,
-  De l'année 1606 à la guerre de 1914,
-  L'époque contemporaine.


Des origines à l'An 1000 :
A l'époque romaine, le long des voies étaient bâties des mansiones, gîtes d'étape pour les voyageurs et relais de poste, qui le cas échéant, servaient de lieu de soins. Ces établissements étaient les seuls établissements "sanitaires" existant à l'époque romaine.
Au Moyen-âge, la charité chrétienne suscite l'apparition d'établissements hospitaliers. Les Évêques sont astreints aux devoirs d'hospitalité. L'abbaye de Saint-Memmie au Sud-est de Châlons existait à cette époque et hébergeait déjà des passants et malades. Par la suite, ces établissements charitables sont dénommés Hôtels ou Maisons-Dieu.



Du XIème siècle à l'année 1606 : de la multiplicité à l'unité des Hôtel-Dieu aux Hôpitaux Unis
La ville de Châlons à cette époque est placée sur la route de Milan à Reims, Amiens et Boulogne. Elle est devenue par conséquent un carrefour routier important, qui entraîne l'apparition de courants commerciaux importants.
Dans un autre domaine, de nombreux pèlerinages ont eu lieu, notamment le Pèlerinage de Notre-Dame de l'Épine, où se rendait très souvent Louis XI.


Du XIème au XVIIème siècle, raisons économiques (courants commerciaux) et pèlerinages engendrent un renouveau de la circulation routière et la création de nouveaux établissements hospitaliers, généraux et spécialisés. A titre d’exemple, la ville de Châlons connut la création de différents établissements "généraux" comme l’hôpital Saint Lazare (Paroisse Notre Dame en Vaux, aujourd’hui Rue du Lycée), l’hôpital Saint Esprit (emplacement actuel de l’Hôtel de Ville), l’hôpital Saint Maur (Grande Rue de Saint-Memmie) ou l’Hôtel Dieu Saint Etienne (Place Cosme Clause) et "spécialisés" (Maison des Aveugles, Maison des femmes enceintes, Maison des contagieux ...).
Au sens étroit du terme, le mot "Hôpital" désigne au Moyen-âge, la grande salle contenant les lits des pauvres. Par extension, il finit par désigner tout établissement où l'on pratique l'hospitalité de nuit.


De 1606 à la première Guerre Mondiale
Durant cette période, fonctionne l’hôtel Dieu de Saint Etienne, les autres établissements ayant progressivement disparus. Néanmoins, survit le plus pauvre des établissements, l’Hôpital de Saint Memmie dont la vocation d’hospice et d’orphelinat s’affirme au cours des temps.

L’hôpital militaire : Construit en 1907, le Centre Hospitalier des Armées P. Bayen portait le nom d'un illustre Pharmacien militaire. Après une brillante destinée, il finit sa carrière en étant nommé Inspecteur Général du Service de Santé et mourut en 1798. Ce n'est qu'en 1950 que son nom est donné à l'Hôpital Militaire.
Établissement de 245 lits (Chirurgie et Médecine), le Centre Hospitalier des Armées P. Bayen était géré par le Centre Hospitalier en vertu d'une convention datant du 18 Octobre 1910 et renouvelée périodiquement, passée entre le Ministère de la Défense et la Direction de l'Hôpital.
Au terme de cet accord, le Centre Hospitalier Civil gérait le personnel non médical, à l'exception du Corps Médical et de quelques postes annexes (paramédicaux, secrétariat, fourrier) et en assurait la gestion sous le contrôle de la Tutelle Militaire. L'Hôpital des Armées P. Bayen disposait de crédits de fonctionnement qui lui étaient propres ; son budget était un budget annexe du Centre Hospitalier.
Ont pu y être soignés :
• les militaires appelés du contingent,
• les militaires d'active et leurs familles,
• les anciens militaires pensionnés, leurs conjoints et personnes à charge,
• tout autre personne, au titre de la participation du Service de Santé au service public
hospitalier,
• toute personne, sur demande, après accord des autorités concernées,
• toute urgence médicale ou chirurgicale.
L'hôpital Militaire a fermé définitivement ses portes le 1er Janvier 2000 à l'initiative du Ministère de la Défense.
Le personnel fût replacé dans diverses administrations militaires et pour les soignants, réintégrés au Centre Hospitalier de Châlons-en Champagne.
L'époque contemporaine.
A partir de 1940
La rupture du front allié (1940) place Châlons sur le théâtre des opérations. La ville est bombardée et les locaux de l’Hôtel Dieu de Saint Etienne, principal établissement de l’époque, sont détruits en grande partie. Les différents services sont installés dans d’autres établissements de la ville. En 1943, Médecine et Chirurgie sont installées dans l’ancien séminaire de Saint-Memmie. Parallèlement, la maternité est maintenue Rue de la Marne jusqu’en 1958.

De 1954 à 1961
Les services de Phtisiologie, Pneumologie, Maternité et Chirurgie sont installés Rue du Commandant Derrien (après fermeture, en 1948, de l’Hospice Départemental de Vieillards et Dépôt de Mendicité dit ‘’Le Chaudron’’) dans le cadre d’une fusion entre les Hôpitaux Unis (Hôtel Dieu et Saint Maur) et le Centre Départemental de Phtisiologie, anciennement Sanatorium Léon Bourgeois. Cependant, les services de Médecine, de Rééducation, de Pédiatrie et l’hébergement de personnes âgées demeurent à Saint-Memmie. L’Établissement ainsi créé, devient après publication au Journal Officiel du 11.01.1958 Centre Hospitalier.

De 1969 à 1977
Tous les services, à l’exception du service de personnes âgées, sont transférés Rue du Commandant Derrien.

De 1974 à nos jours
Une nouvelle pharmacie est construite (1974), le Laboratoire est mis en place (1976). Tandis que l’année 1977 marque la création du service V120 Long et Moyen Séjour, 1987 voit l'installation du service de Dermatologie dans le Pavillon VIII.

En 1988, s'effectue le transfert des personnes âgées de l’hospice Saint Maur de Saint-Memmie vers la Maison de Retraite Le Village, située dans l'enceinte du Centre Hospitalier.

L'année 1989 symbolise une étape importante dans la vie de l’Établissement avec la mise en service du Plateau Médico-Technique inauguré par Monsieur Claude EVIN, Ministre chargé de la Santé.

Depuis 1991, l’Établissement s’attache à rénover l'hôtellerie des différentes unités qui le composent : service des Prématurés et Médecine Infantile, Gynécologie, Bloc Obstétrical, Médecine, Chirurgie et la Pneumologie.

Le Centre Hospitalier entreprend actuellement d'importants travaux d'extension et de restructuration des services d'hospitalisation.