L’endoscopie bronchique
par autofluorescence
Docteur Gérard BERTHIOT, Praticien Hospitalier, Chef de service
« Le Centre Hospitalier de Châlons-en-Champagne est engagé dans une démarche d’amélioration de la prévention des maladies et de la qualité des soins y compris le dépistage précoce du cancer bronchique. »
A
cet effet, le service de pneumologie a été équipé depuis décembre 2009, d’un
fibroscope par auto fluorescence en complétant ainsi son parc de fibroscopes
conventionnels.
Le cancer bronchique évolue de manière silencieuse et la
symptomatologie d’appel est souvent redoutablement banale et tardive, cela
explique qu’au moment du diagnostic plus de deux tiers des patients présentent
un envahissement ganglionnaire médiastinal ou des métastases, et que moins de 15
% des patients diagnostiqués survivent à leur maladie, dont le pronostic dépend
étroitement de la précocité du diagnostic.
Le
principe repose sur la présence de fluorophore dans les cellules de la muqueuse
bronchique.
Ces fluorophores ont la particularité d’être fluorescents,
c’est-à-dire de réémettre de l’énergie sous forme lumineuse en revenant à leur
état de base après une excitation. Ils émettent une fluorescence verte
lorsqu’ils sont excités par une lumière bleue.
Les lésions pré néoplasiques modifient l’épaisseur et la
structure de la muqueuse bronchique expliquant les trous de réflexion de la
lumière à une certaine longueur de l’onde.
Deux photos de carène (avant l’auto fluorecence et après)
montrent la différence de taille de la lésion suspecte.
L’endoscopie bronchique par autofluorescence
Pourquoi
la fibroscopie bronchique par autofluorescence pour le dépistage et non la
radiographie pulmonaire ou le scanner ?
Car la
radiographie pulmonaire n’a pas fait la preuve comme outil de dépistage et le
scanner thoracique est efficace pour dépister les nodules périphériques mais ses
coûts sont élevés.
Par contre, la fibroscopie par autofluorescence permet le
diagnostic des lésions proximales endobronchiques notamment pré cancéreuses
invisibles par le fibroscope conventionnel ce qui permet le diagnostic, la mise
en route d’un traitement précoce et par conséquent un meilleur taux de survie.
Pourquoi pas la
fibroscopie conventionnelle ?
Car
seulement 29 % des carcinomes in situ sont visibles par la méthode classique
même pour les bronchoscopistes expérimentés et la fibroscopie bronchique par
auto fluorescence est plus sensible pour un facteur allant de 1,6 à 6,3 dans le
diagnostic des lésions pré néoplasiques.
Qui
sont les candidats à cet examen ?
Les patients
fumeurs de plus de 20 paquets/année avec ou sans troubles ventilatoires
obstructifs, de type BPCO (Broncho Pneumopathie
Chronique Obstructive),
Pour le bilan de tumeur bronchique notamment
d’opérabilité, ou pour éliminer des localisations multiples,
Dans le cadre de la surveillance des tumeurs bronchiques
préalablement traitées.
« L’examen se fait sous anesthésie locale (être à jeûn 6 heures avant l’examen) avec le respect des précautions habituelles lors de l’utilisation d’anti-coagulants.»